mardi 21 août 2007

LE DIT DU PÈLERIN (2)

Au tombeau de Santo Domingo le coq a chanté
Son chant étant de bon augure
Nous a paru plus léger le poids du sac
Moins ardente la brûlure de nos pieds
Seigneur
Nous marchions vers Toi
Traversant le pont sur l'Oja
Nous quittions la Rioja
Seigneur Seigneur
Courbés sous le vent sous la neige et sous la pluie
Peinant dans la boue et dans l'ornière
Nous avons suivi le droit chemin désert
Qui coupait la forêt aux branches noires et nues
O Dieu !
Que le chemin nous fut ardu
Dans les monts de Oca !
Nous arrivâmes dans la nuit
A San Juan de Ortega
A la tour la cloche sonnait
Tandis que roulait le tonnerre
Et que les cieux se déchiraient
Seigneur nous avions beaucoup marché !
















A Burgos, capitale de la Castille
Nous avons salué sous la voûte gothique
Chimène et le Cid
Les tours veillent sur des tésors
Où étais Tu ?
Nous T'avons cherché, Seigneur
Au long des jardins et des murs
Nous T'avons cherché autour des cloîtres et des hospices
Sous les portes et dans les rues
Nous sommes sortis par un grand pont
Nous avons par un chemin très plat
Très droit
Marché encore vers des châteaux en ruines
Vers des fontaines
Des hospices et des églises
Combien de croix
Combien de bornes ?
La berne était marquée de coquilles
Nous peinions sous le vent
Adios companeros !
Nous avons salué les anciens couchés
Dans les champs du repos


Seigneur Seigneur
C'est je crois sur la voie de Castille
Allant tout au long des jours qui nen finissaient pas
Que nous avons commencé à prier
Pélerins devenant sans doute vraiment ici
Un pied suivant l'autre
Je crois que j'ai chanté à haute voix
Seigneur
Les litanies de tes saints
Ora pro nobis
Cheminant les uns derrière les autres
Sur la terre rouge
Seigneur à force de prier
Nous finissions par ne plus penser à rien
Tu marchais à côté de nous
"Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie" !










Nos esprits étaient pleins Nous avons lu l'Évangile
Aux chapitaux sculptés
De Saint Martin de Fromista
Pierre blonde
Les uns derrière les autres
Un kilomètre après l'autre
Les plaines emblavées
Faisaient à perte de vue
Comme un océan.

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